DOCUMENTS
[Editor's Note:
The French text has not been exhaustively proofread]
The ———— House for
Study, Translation and Publishing obtained the following documents concerning the
murder of Father Thomas. These were the official Messages between the French
consul in
We have affixed to each document, its number, date,
and source as it is listed in the preserved records of the French Foreign
Ministry.
Damas,
le 21 décembre 1839
Ratti-Menton au ministre, le maréchal
duc de Dalmatie,
Président du Conseil, ministre d'État des Affaires Etrangères
Objet: Le Père Thomas, religieux
franciscain et se demande de pension pour ses vieux jours.
Le Père Thomas, aujourd'hui presque
septuagénaire, s'est rendu en Syrie, il y a presque 30 ans, d'après la promesse
que lui fit le cardinal Fesch que le gouvernement impérial pourvoirait à son
sort. Il est certain que cette promesse n'obtint jamais sa réalisation et que
le religieux dont il s'agit s'est u réduit aux ressources les plus exigus.
D'après les renseignements pris par moi
auprès de Mr Beaudin
et qui concordent avec ceux de nos pères lazaristes, le Père Thomas a été
toujours un homme paisible, remplissant sans fanatisme les devoirs sacerdotaux
et s'était concilié ici l'estime et l'affection des chrétiens et des musulmans.
Mais un fait qui, selon moi, doit lui
mériter la bienveillance du gouvernement du Roi et de tous les amis de
l'humanité, c'est l'introduction de la vaccine que lui doit les populations de
Damas et qu'il a propagé avec un zèle louable.
Il fonde d'autant plus d'espoir pour sa
demande d'une pension que son grand âge ne lui permettra pas d'en jouir
longtemps. Je dois ajouter qu'il est presque aveugle et que l'existence à Damas
d'une cure (paroissiale) desservie par les moines de Terre sainte le prive des
émoluments qu'il aurait eus comme chapelain de la nation.
Je
suis...
Source: Archives Affaires Etrangères
Direction commerciale et du contentieux
Consulat de Damas, Vol. 1 (1839-1844), rapport n.12, fol.24-25.
From: Ratti-Menton
To: The Minister, the Marshal Duke of Dalmatie,
President of the Council of Minister, Minister of Foreign Affairs.
The Subject: Father Thomas, the French religious
man, who is requesting a retirement salary in his old age.
Father Thomas is
seventy years old today. He came to
My personal
investigation of this matter was in agreement with that of Mr. Beaudin and the
Lazarist Father, confirming that Father Thomas was a man of gentle character,
and has practiced his sacred religious obligation with tolerance and without
discrimination, which has made him an object of love and respect for both
Christians and Muslims.
Father Thomas
introduced the smallpox vaccine, which was badly needed by the people of
Damascus. He utilized it widely with great enthusiasm which deserves our
gratitude. This act, in my opinion, deserves the attentive attention and care
of the Royal Government, and all friends of humanity. He cherished high hopes
for the fulfillment of his request for a retirement salary in his old age,
which does not allow him to do much work. I find it necessary to also state
that he has very poor sight, being almost blind. And that the presence of this
religious man in Damascus who has served the cause of the Holy Land, while
depriving himself of a salary he deserves and which he would have received as a
Priest for his country, had he worked in his country.
Faithfully
The Source: Preserved Documents of the Foreign
Ministry Department of Trade and Continental Affairs Consulate of
Réponse à cette demande.
Thiers, Le Président du Conseil, ministre des
Affaires étrangères.
Objet:
Allocation au Père Thomas.
!!...
.....
La
demande adressée à mon prédécesseur, en faveur de ce
religieux...
L'ordre
des Franciscains auquel appartient le Père Thomas n'étant pas au nombre de ceux
auxquels le gouvernement du Roi alloue une subvention au
Quant
aux réparations que paraît réclamer le couvent des Capucins à Damas, il ne saurait y être pourvu qu'aux frais de cet ordre qui
jouit d'ail-leurs d'une allocation annuelle sur les fonds de mon Département.
Source:
Mémes archives-même consulat de Damas. vol.1 (1839-1844), instructions 4, fol. 38.
Commentaire:
Cette réponse n'avait aucune raison d'être, puisque le Père Thomas avait été
assassiné entretemps.
Response to the Message
To: Thiers;
The President of the Council of Ministers, Minister
of Foreign Affairs.
Subject: Allocation
of Salary for Father Thomas
Regarding the
request which was transferred to me by my predecessor in regard
to the above mentioned man of religion.
The order of the
But there are
compensations allocated to the Capucins Convents in
Source - Same
Documents
Consulate of
Damscus Vol. I (1839-1844), Instructions No. 4, p. 38.
Note: There was no need for this response, because
Father Thomas was murdered during this period.
Alexandrie, le 5 mars
1840
Cochelet au ministre, le maréchal duc de
Dalmatie, Président du Conseil, ministre lai des Affaires Etrangeres.
Objet:
L'assassinat du Père Thomas.
!!...
.....
Il y a eu à
Damas
un assassinat qui a consterné la ville. Un religieux
franciscain, protégé de la
Le
consul de
Source:
Archives Affaires Étrangères.
Consulat
général d'Egypte et dépendances.
Egypte, vol. 9 (1839-1844) Direction politique,
rapport n.170, fol.321.
From: Cochelet.
To: The Minister Marshal Duke of Dalmatie,
President of the council of Ministers.
Subject: The Assassination of Father Thomas.
A crime was
committed in
There is a complete
understanding between the French Consul and the Governor General to arrest
those who supposedly committed the crime. The matter will be pursued
relentlessly. It was related to me, by those who represented me to Mohamad Ali,
that he gave his stern orders to punish those who are guilty.
Source: Preserved Document of the French Foreign
Ministry, the General Consulate in
Alexandrie, le 2 avril
1840
Cochelet à Thiers, le Président du Conseil,
ministre des Affaire. Etrangères.
Objet:
L'assassinat
du Père Thomas.
L'affaire
relative à l'assassinat du Père Thomas, égorgé à Damas par les juifs... a été
poursuivie par le comte de Ratti-Menton qui a été parfaitement secondé par le
gouverneur général de la Syrie avec beaucoup d'activité et d'énergie.
Je laisse à ce consul le soin de vous rendre compte de toutes les
circonstances de cet assassinat qui aura un grand retentissement, si, comme on
l'assure et ce qu'on a peine à croire, il a été causé pour un motif religieux.
Mais je ne crois pas pouvoir me dispenser de mettre sous vos yeux la copie
d'une déclaration envoyée à Mehemet Ali et qui a été faite par un rabbin qui
s'est fait musulman, de laquelle il semblerait résulter que le sang humain est
nécessaire aux juifs pour célébrer leur Pàque et qu'il en manque à Damas. Cette
découverte inattendue a donné lieu de supposer que des individus qui ont
disparu depuis longtemps, sans qu'on ait su ce qu'ils étaient devenus et
entr'autres des esclaves grecs qui avaient été achetés par les juifs lors de la
guerre de Morée, ont été victimes du fanatisme de ces derniers.
Mehemet Ali a
ordonné de faire des recherches pour se mettre sur les traces de ces disparitions
et il tient de prescrire à son fils Ibrahim Pacha d'agir sans empressement,
avec prudence et discernement, afin d'arriver à la connaissance de la vérité
dans une affaire qui intéresse le monde entier et qui va soulever de nouvelle
et grande animosité contre les juifs.
Le
retentissement qu'elle a déjà eu à Smyrne a donné lieu à quelques excès et a
mis le grand rabbin Pencas de Segura dans la nécessité de désavouer par une
note qui a été rendue publique, la supposition que les juifs se servent de sang
chrétien dans la solennité de leur Pâque.
Les poursuites
qui seront exercées à Damas contre le grand rabbin Racoub d'Anteb qui a été
accusé par le rabbin Moussa Abou Afieh d'avoir reçu le sang du Père Thomas
feront sans doute connaître la vérité.
Annexe:
la déclartion de Moussa Abou Afieh.
Source:
La même que sopra, fol.9-10 et pour l'annexe,
fol.11-13.
From: Cochelet.
To: Thiers,
The President of the Council of Ministers, Ministers
of Foreign Affairs. Subject: The Assassination of Father Thomas.
Count Ratti-Menton
continued to pursue the assassination case of Father Thomas, who was slain by
the Jews in Damascus. He was greatly assisted by the Governor General of Syria,
who was also pursuing the investigation with firmness and energy.
I have assigned to
this Consul the task of reporting to you the entire circumstances concerning
the assassination operation which has caused a great uproar, when it became
absolutely certain that the cause of the crime was religious which was hard to
believe. I believe it is my obligation to submit to you a copy of the
confession sent to Mohamad Ali, containing the testimony of the Rabbi, who
declared his conversion to Islam, which indicates that the Jews need human
blood for the celebration of Yum Kippur, the remembrance of the Jews departure
from Egypt. This year they did not have blood available to them in Damascus.
This unexpected discovery has opened up a wide range of speculation and suggestion
that persons who have disappeared a long time ago, with unknown circumstances
surrounding their disappearance, may have been victims of this Jewish
fanaticism. And among those who have disappeared are the Greek slaves who were
bought by the Jews during the Muree War.
Mohamad
Ali ordered a search and an investigation of those who had previously
disappeared. He wrote to his son, Ibrahim Pasha, to move slowly and carefully,
and to work in a secretive manner in order to reach the truth about a case which
was highly important to the world, and which might stir a new, great hatred
against the Jews.
These repentant
echoes in Izmir opened the way for some radical sentiments, which caused the
Grand Rabbi Pencas Segura to issue a note openly declaring his disapproval of
the crime. This also led to the assumption that the Jews used Christian blood
for the celebration of Yum Kippur.
The immediate
continuance of these investigations in Damascus which were conducted against
the Grand Rabbi, Moussa Bokhour Yehuda, known as the Salahiki, who was accused
by Rabbi Mussa Abou Al—Afieh of receiving the blood of Father Thomas, would
certainly uncover the truth.
Annex: The declaration of Musse Abou Al-Afieh.
Source: Ibid., pp. 9-10,
for annex, pp. 11-13.
Alexandrie, le 6 avril
1840
Cochelet à Thier, le Président du Conseil,
ministre des Affaires Etrangères.
Objet:
L'assassinat du P.Thomas-Les juifs de Damas et
l'Autriche (extrait).
Mr
de
Ratti-Menton me rend compte de quelques discussions assez vives qu'il a eues
avec le consul d'Autriche à Damas et qu'il vous fera sans doute connaître, à
l'occasion de la procédure relative à l'assassinat du Père Thomas, d'après
laquelle il semblerait que le consul d'Autriche cherche à dérober quelques
coupables, qui sont sous sa protection, à l'action de la justice dans des vues
que l'on suppose sordides.
Je viens
d'apprendre que Mr le consul général d'Autriche à Alexandrie devait
écrire à son gouvernement dans des termes peu modérés pour se plaindre de la
conduite de Mr Ratti-Menton. Il est
probable que le Cabinet de Vienne vous soumettra à cet égard une
représentation.
Je vous prie, Mr
le
Ministre, d'ajourner votre réponse jusqu'à ce que Mr
le consul
du Roi A Damas vous ait donné tous les éclaircissements qui pourront vous mettre
à même de fixer votre opinion. Je crois pouvoir vous assurer
d'avance qu'ils auront lieu de vous satisfaire.
Source:
Archives Affaires Etrangères
Consulat
général d'Alexandrie- Direction commerciale et du
contentieux. vol.28, fol.511, (nr.179).
Remarque:
Le même document, mimes archives- Consulat général d'Egypte et
dépendances, vol.10 (1840), fol.17-18.
Alexandria,
April 6th, 1840
From: Cochelet.
To: Thier,
The President of Council
of Ministers and Foreign Minister.
Subject: The Assassination of Father Thomas and the
Jews of Damascus and Austria.
I was informed by
Ratti-Menton of a sharp argument between him and the Consul of Austria
regarding the proceedings of the assassination of Father Thomas. It appears
that the Consul of Austria is trying to secure the protection of some of the
guilty ones who are under his protection, and to intervene with justice, and to
disregard opinions he assumes to be stupid. Mr. Ratti-Menton will inform you
regarding this.
Also, I happen to
know, at this moment, that the General Consul in Alexandria, submitted to his
government a report containing very strong words, expressing his irritation
with Mr. Ratti-Menton. And in all probability the Government of Austria will
send its objection of the matter.
Please, Minister
Sir, you may delay your response until the King's Consul presents all
clarification and information which will enable you to make your decision. I am
very sure before hand that these clarifications will win your satisfaction.
Source: Preserved Documents of the Foreign Ministry, The Consul General in Alexandria, Department of Commerce and Global
Affairs. Vol.
XXVIII, p. 511.
Le
ministre Thiers à Cochelet.
Objet:
Assassinat du P.Thomas et mission d'enquête de Mr
Desmeloizes.
Vous avez été
informé par la correspondance du roi à Damas des circonstances relatives à la disparition d'un missionnaire catholique
placé sous sa protection et qu'on suppose avoir été assassiné...
... (insuffisance du rapport de Mr Ratti-Menton).
Cependant des
bruits généralement répandus en
D'où la
nécessité de l'envoi de Mr Desmeloizes, par la voie la plus prompte à
Damas, avec mission de vérifier l'ensemble des faits, tant à l'égard de Mr
Ratti-Menton
qu'à celui des autorités locales et de me transmettre le résultat de cette
enquête par votre intermédiaire...
Source:
Archives Affaires Etrangères
Consulat
général d'Alexandrie- Direction commerciale et du
contentieux, vol.28, fol.438 (nr.63).
From: Minister Thiers.
To: Cochelet.
Subject: The Assassination of Father Thomas and the
Investigation Committee, Mr. Desmeloizes presiding.
The Representative
of the King's Consul in Damascus had informed you about the circumstances surrounding
the disappearance of a Catholic Missionary among those who were under his
protection, and it is assumed that he was assassinated.
(Deficiency in Mr.
Ratti-Menton's Report)
A General uproar
has been heard in Europe during this period, trying to pin all kinds of
accusation, and in an inappropriate manner, against Mr. Ratti-Menton, which
makes it urgent for me to explain the situation as soon as possible in order to
clarify the surrounding obscurity regarding this evil incident.
Due to this urgent
necessity, I have sent Mr. Desmeloizes, to arrive in Damascus with due haste,
to assume the task of investigating the happenings, with whatever is available
to Mr. Ratti-Menton, or by cooperation with the local authorities, pending the
results of this investigation which he will deliver to me through your office.
Source: Ibid. pp. 438.
Le ministre à Cochelet.
Objet:
Assassinat du P.Thomas et mission d'enquête de Mr
Desmeloizes.
...
(Raison de cette mission: insuffisance des rapports du consul).
La
prudence de cet élève-consul me persuade d' ailleurs
qu'il saura apprécier la nature délicate de cette mission confidentielle et
concilier l'obligation qu'elle lui impose d'épuiser tous les moyens
d'information pour éclairer les faits avec les ménagements que réclame la
position du consul du roi...
Source:
même archives- Alexandrie, vol.28, fo1.454 (nr.64).
Paris
May 9th, 1840
From: The Minister.
To: Cochelet.
Subject: The Assassination of Father Thomas and the
Investigation Committee Mr. Desmeloizes presiding.
The reason for the
formation of this Committee is due to insufficient information in the Consul's
reports.
The reservoir of
intelligence and caution possessed by the Assistant Consul convinced me that
the nature of this delicate and secret mission demands the utmost concern, and
commitment for whatever is needed in this investigation including utilizing of
all available means in order to obtain the information which will shed light on
the events of the incident, and to take the appropriate measures needed, in
accordance with the status and opinions of the King's Consul.
Source: Ibid. p. 454.
Représentants des israélites de Damas à
l'ambassadeur de France.
Objet:
Pétition en favour des juifs de Damas, au sujet de l'assassinat du Père Thomas.
Monsieur
l'Ambassadeur,
Les
soussignés, agissant au nom de la Communauté israélite de Damas, ont l'honneur
d'exposer à votre Excellence, que d'après l'absence du P.Thomas, capucin
protégé français et son domestiqe, dans la dite ville, sur des soupçons élevés
seulement d'avoir vu le dit capucin dans le quartier des israélites et de ne
pas l'avoir vu sortir, Mr le comte de Ratti-Menton consul de France à la
résidence de Damas, a fait arrêter et conduire dans les prisons du gouvernement
local plusieurs israélites, qu'on a horriblement tourmentés, lequel, au milieu
de ses souffrances dans l'espoir de s'en libérer, a déposé que les 7 négociants
israélites de première classe l'ont fait appeler pour égorger le dit capucin,
que, d'après son dire ont été arrêtés les dits respectables 7 individus dont la
probité est connue encore en France par les premières maisons de commerce avec
lesquelles ils sont en relation d'affaires depuis de longues années. Et sur cette calomnie on les a horriblement tourmentés, que
deux de ces négociants ont succombé, ainsi que 4 des principaux arrêtés. Les
restants, préférant la mort aux
horribles tourments se sont déclarés coupables. Mais, aussitôt qu'on leur
accorda un moment pour respirer, ils juraient ne rien
savoir et protestaient de leur innocence.
Et
comme, d'après la loi, les accusés ne peuvent être interrogés qu'après avoir
entendu les dépositions de témoins à charge et à décharge et jamais mis à la
torture, les pétitionnaires se croient en raison de recourir à l'équité de
Votre Excellence, sachant qu'elle propose (sic) des sentiments philanthropiques
pour requérir ainsi qu'ils requièrent que lui plaise inter-venir auprès de Mr
le consul à Damas pour le sommer d'agir avec humanité et suivent le,
institutions de procédure criminelle adoptées par les nations cis ilisées.
Ils ont l'honneur
d'être...
Signature:
Abrahan Asquenaze- Isaac Becar Moshé- Hanna Becar Isaac.
From: The Representatives of the Jews in Damascus.
To: The Ambassador of France.
Subject: Petitions presented by the Jews of
Damascus regarding the assassination of Father Thomas.
Mr. Ambassador,
The undersigned, on
behalf of the Jewish community in Damascus, are honored to present to your
Excellency, these facts regarding the disappearance of Father Thomas Al-Capuci,
a French subject, protected in his person and residence in the city of Damascus
by France, causing a wave of suspicions toward the Jews, solely because someone
saw Father Thomas entering the Jewish Quarters and did not see him leave
immediately following this, Comte Ratti-Menton, the French Consul who resides
in Damascus, arrested a number of Jews, detaining them in the local prisons of
the Government. Some of them were subjected to torture.
Among those
arrested was a barber, who was frightened by the torture. In hopes of winning
his freedom, and to save himself the pain of torture, he accused seven notable
Jews from the community. He said that they called him to slay the priest.
Relying solely on his testimony, the seven most respected members of the Jewish
community, who enjoy high reputations in France, and are well known by the high
commercial houses, who have worked with them for many years, were arrested.
They were subjected to frightful torture, because of these false accusations.
Two of them broke down and four others followed. The rest preferred death to
this frightful torture and have confessed that they were guilty. But the minute
they found the opportunity to reflect on the matter, they have sworn that they
knew nothing regarding the crime and hold fast to their innocence.
The law demands
that the accused should not be interrogated until they are informed about the
testimonies of the witnesses, those to their advantage as well as those against
them, and they must not be subjected to torture.
The parties presenting
this petition on their behalf are within their rights in presenting themselves
to your Excellency's sense of justice. We know that they are proposing a humane
request for intervention with Mr. Consul of Damascus, urging him to work in the
spirit of humanity, and to follow the directives included by the criminal
justice codes, which have been adopted by civilized nations.
We have the honor to sign:
Ibrahan Asquenazo, Isaac Becar Moshe'-Hanna Becar
Isaac.
Le
comte de Pontois au consul de Ratti-Menton.
Monsieur le
consul,
Je
crois devoir vous transmettre copie d'une requête qui vient de m'être adressée
au nom de la communauté israélite de Damas, concernant les poursuites
judiciaires auxquelles a donné lieu la disparition du Père Thomas.
Je suis
persuadé d'avance que votre conduite, en cette circonstance, loin de mériter
les inculpations dont elle est l'objet de la part des réclamants, a été de tout
point, conforme à l'esprit d'équité et de philanthropie qui doit caractériser
les actes de tout agent français. Mais comme je n'ai reçu de vous jusqu'à
présent aucune information sur les détails de cette affaire et
la part que vous y avez prise. Et comme, d'un autre côté, il me paraît
malheureusement certain qu'on a, en effet, employé, pour venir à la découverte
de la vérité, des moyens odieux que l'humanité repousse, et que la législation
turque a elle-même abolis, je vous serai obligé de me mettre, aussi promptement
que possible, en mesure de répondre à la requête qui m'est adressée et de
repousser formellement, dans l'intérêt du gouverne-ment du roi, les allégations
qu'elle contient.
Recevez...
Source:
Archives Affaires Etrangères
Ambassade,
Turquie, Direction politique. vol.280, fol.224-225 et
226, (nr.38).
From: Comte
de Pontois.
To: Consul Ratti-Menton.
Mr. Consul:
I see it as my duty
to transmit to you a copy of the petition presented to me in the name of the Jewish
community of Damascus. It is a petition related to the judicial follow up in
the case of the disappearance of Father Thomas.
I am convinced
beforehand that your behavior in this case, is far from the accusations
contained in this petition, and that you have behaved in a manner befitting to
the spirit of justice, love, and humanity, which characterizes the behavior of
every French citizen. However, since I have not received from you any detailed
information in this case and the proceedings you have followed I suspect people
in the government used torture and bad procedures to get at the truth. These
ugly methods are unacceptable to humanity in order to obtain the truth. Even
Turkish Laws forbid the use of these methods. I find myself compelled to ask you
to provide me, as soon as possible, with the proceedings which will allow me to
reply to the contents of the petition which was presented to me, and to reply
in a decisive manner. This is in the interest of the King's Government to expel
the claims of the petition.
Source: Archives, French Foreign Ministry, The Embassy, Turkey,
Directory of Politics. Vol. 280 pp. 224-226 (No. 38).
Alexandrie, le 30 avril
1840
Cochelet au Président du Conseil,
ministre des Affaires Etrangères.
Objet: L'assassinat du Père Thomas.
Résumé de l'introduction: rappel du rapport du 4 avril-
Réception du rapport du consul de Damas
contenant les procès- verbaux des interrogatoires relatifs au P.Thomas, dans
l'attente de ceux de son domestique...
«On a déjà cherché cependant à jeter des doutes tant sur
le crime que sur les causes. On a voulu même incriminer les actes et le
caractère de Mr Ratti-Menton.
Ce fonctionnaire honorable, justement blessé du reproche
que l'on a fait à son humanité et du soupçon qu'on a osé élever sur sa
délicatesse, m'a écrit la lettre en date du 24 avril, nr.II, accompagnée de
deux pièces, avec prière d'adresser copie à Paris.
Vous penserez sans doute qu'il n'y a pas lieu à autoriser
l'enquête sol-licitée par Mr Ratti et vous reconnaîtrez
par la lecture de toutes les lettres et pièces l'injustice de l'accusation
portée contre lui.
Je regrette toutefois que des amis imprudents des juifs
ou des avocats maladroits, gagnés déjà sans doute par leurs largesses,
cherchent à altérer ou à dénaturer les faits, car ils mettent ceux qui les
connaissent parfaite-ment dans la necéssité de les publier, en les appuyant de
toutes les preuves qui peuvent faire jaillir la vérité et convaincre les
consciences les plus timorées.
La vérité, une fois connue et répandue, peut réveiller
toutes les haines contre les juifs et donner lieu à de grands excès. Ce qu'il y
aurait eu de plus prudent et de plus sage de la part des juifs eût été de
laisser considérer le meurtre de Damas comme l'action d'un rabbin fanatique qui
avait excité quelques-uns de ses coreligionnaires. Mais, en voulant nier le
crime et l'usage du sang, on s'est exposé à une controverse qui va donner lieu
à des graves ressentiments. On a déjà fait circuler en Syrie et ici une copie
de quelques paragraphes du Talmud contre les chrétiens.
Quant à moi, j'ai évité, autant que possible, de me
prononcer dans une affaire dont la poursuite appartient exclusivement à Mr
le consul du roi à Damas qui est entièrement indépendant
dans l'excercie de ses fonctions judiciares.
Je me suis borné, jusqu'à présent, à lui envoyer le 10
mars l'ordre de Mehémet Ali qui ordonnait à Chérif Pacha, gouverneur général de
Syrie, d'activ°* les démarches relatives à la découverte de l'assassinat. En
l'envoyant à Mr Ratti-Menton, j'ai ajouté:
«Vous veillerez seulement à ce que la poursuite et les
arrestations qui auront lieu pour arriver à connaire la vérité soient faites
avec les ménagements qui sont dans notre législation et que l'on doit observer
envers de simples accusés. Il faut que la vérité se découvre sans que l'on soit
obligé d'employer des mesures qui répugnent à nos moeurs et qui ne sont pas de
notre époque».
J'ai écrit aussi particulièrement à Mr
Ratti-Menton de laisser au seul consul d'Autriche la
responsabilité de ses actes, s'il ne punit pas ceux de nos nationaux que la
procédure signale comme coupables, en ajoutant qu'ils seraient justiciables de
l'opinion publique qui les flétrirait, si leur gouvernement ne sévissait pas.
Mais, en traçant à Mr le consul du roi à Damas une ligne de conduite sage et prudente, je pense
que Votre Excellence qui a sous les yeux les pièces du dossier et qui doit
encore en recevoir d'autres, repoussera les allégations de ceux qui exploitent
les affaires de Damas dans le sens de leurs intérêts et de leurs passions et
qui cherchent à représenter la conduite du consul du roi comme illégale et
arbitraire et même vénale, lorsque l'opinion publique rend heureusement à son
caractère ferme, humain et intègre une entière justice.
Je suis...
Annexe: le rapport du consul
Ratti-Menton. Voir page suivante.
From: Cochelet.
To: The President of the Council, Minister of
Foreign Affairs.
Subject: The Assassination of Father Thomas.
A Brief
Introduction:
Referring to the report of April and the report which we received from the
Consul in Damascus, which contained the minutes of interrogation regarding the
case of Father Thomas, we are awaiting the latest developments.
At this time they are
trying to cast doubts, regarding the question of the crime, and the subject of
its cause. They also want to accuse Mr. Ratti-Menton, as to his actions and his
character.
This honest public
official has been wounded by the accusations which question his humanity, and
the doubts which they have dared to cast against his fine behavior. He sent me
a message on April 24th, accompanied by two documents, and he requested of me
to send him a copy of it to Paris.
You must certainly
be thinking that there is no room to allow criticism against the investigation
conducted by Mr. Ratti. You will understand after rereading all messages and
reports the depth of these unjust and false accusations which have been
directed against him.
At the same time, I
feel sorry for the way the friends of the Jews have behaved and the behavior of
their lawyer who has been lacking in a proper and upright manner, in order to
receive the spoils given him. They have attempted to forge and change the
nature of the events, subjecting those who knew them well to a character
assassination campaign. They have relied upon any proof capable of hiding the
truth in order to convince, to the contrary, those who have a clean and pure
conscience.
The mere disclosure
of these facts may ignite prejudices against the Jews and, prepare the way for
wide reactions against them. However, the Jews have sufficient caution, and
cleverness to avoid a slip up in this murder case in Damascus. This case is the
scheme of a fanatic Rabbi who managed to stir up a number of his religion
brothers. In their attempt to deny the crime, and their denial of the use of
blood, they have become subject to contradictions which have provided an
opportunity for serious consequences. Presently there are some people in Syria
and in Egypt who are distributing verses from the Talmud which are
anti-Christian.
For me personally,
I tried in every way possible to avoid becoming involved or intervening in a
case that was considered to be within the sphere of the jurisdiction, of the
King's Consul in Damascus. He is completely independent in the practice of his
legal activities.
I limited myself
until March 10th, from involving him until Mohamad Ali's order to the Governor
General of Syria, Sharif Pasha was received, an order which requested
him to work hard in order to discover the murderer. I also attached to this
order, which I sent to Mr. Ratti-Menton, the following message,
"Make sure
that the proceedings of this case, and the arrests that take place as a result
arrive only at obtaining the truth in accordance with our laws, and
jurisprudence, protecting the less important (secondary status) of the accused.
The discovery of the truth is a must, however, without the use of methods which
are not in agreement with our traditions and which are inappropriate to our
age."
I also wrote in a
personal manner to Mr. Ratti-Menton to hold the Austrian Consul responsible for
his acts if those persons proved to be guilty are not punished, then public
opinion had the right to abhor and to disapprove of this act.
With wise and
careful behavior by the King's Consul in Damascus, I am of the opinion that
your Excellency may work to dispel the false accusations of those who are
trying to exploit the situation in Damascus for their own interest through
their use of emotionalism and the falsification of the behavior and actions of
the King's Consul, instead of accusing him of being unjust and heavy handed.
Without regard to legitimacy, or even bribery, justice can prevail completely
when a sense of satisfaction has been restored and the public believes that
these people have been dealt with in an honest and humane manner.
Annexe
au rapport du consul Cochelet du 30 avril 1840
Rapport du consul à
Damas
Ratti-Menton. le 24 avril 1840
Objet:
le consul autrichien el ses tentatives de défendre les
responsables juifs.
Monsieur
le Consul général,
Nia
lettre nr.l0 venait d'être expédiée, lorsqu'il m'est tombé entre les mains un document dont je ne veux pas tarder à vous donner
communication. Ce document se trouve ci-joint. C'est la traduction d'une lettre
écrite en dernier lieu par Mr Laurin (Consul général
d'Autriche à Alexandrie) à Mr Merlato (consul d'Autriche à Damas). J'ignore si
avant sa démarche auprès du vice-roi et surtout avant
son invitation à Mr d'Appony (ambassadeur d'Autriche à
Mr
le consul général d'Autriche se plaint sans doute, d'après le référé de Mir
Merlato
de mes actes arbitraires a l'égard de
Mr
Picciotto et de
Mr Ayrout. Ce dernier est qualifié de négociant
autrichien. Et d'abord, Mr Ayrout est un arabe. Il était écrivain d'Ihrahin Pacha. Le généralissime le
chassa de son service pour cause d'inconduite. En second lieu, Mr Ayrout, comme je l'ai écrit au consul d'Autriche
n'est point propriétaire de la maison où j'ai été faire une perquisition.
Cette maison appartient au beau-père de Mr Ayrout, le Saydha (Saydah), Raya,
lequel l'habite avec toute sa famille. Il y logeait son gendre, en passant. Depuis cette visite, Mr
Ayrout a quitté la chambre qu'il occupait et s'en est
allé habiter autre part. Peut-on d'après cela qualifier raisonnablement
d'arbitraire mon entrée dans une maison de Raya avec
le consentement exprès de l'autorité locale qui me faisait assister par ses
agents de police'?
Pour
ce qui concerne Mr Picciotto, il m'est impossible de
ne pas être un peu plus long. Et encore, hien des
incidents doivent être passés pour ne pas être interminables.
Dans
le principe de cette affaire du Père Thomas, cet individu se trouvait un soir
chez Mr Beaudin, où il y avait, outre les chrétiens du pays, Mr le consul
d'Angleterre, le l'èrre Eustet, lazariste, et Mr Santi, sujet français et
pharmacien de l'hôpital de Damas. La question était tombée sur la nouvelle du
jour. Mr Santi apostropha avec une telle violence le Mr Picciotto et menaça
avec une si véhémente énergie de se porter à des excès contre les juifs
vis-à-vis desquels il prétendait que j'usais de faiblesse que je le fis
conduire immédiatement dans la prison du consulat d'où il ne sortit que le lendemain, par considération pour sa
famille dont il est l'unique soutien et d'après la promesse formelle qu'il me
fit de s'abstenir désormais de toute activité illégale.
Le
10 février, un français, délégué par moi, devait
continuer avec le consentement du consul d'Autriche et l'assisstance de son
'chancelier, qui est juif ionien, quelques visites domiciliaires dans des
maisons de protégés autrichiens ou toscans. Mr Picciotti
vient me trouver pour me demander d'exempter sa maison
de toute perquisition, parce que, disait il, cela ferait un mauvais effet dans
le public et sa maison ne fut pas visitée.
Pendant
que le barbier juif Soliman restait chez moi où j'espérais l'amener à des
révélations, en lui promettant son pardon, Mr Pissiotti
se présenta encore au consulat avec le chancelier de Mr
Merlato et j'étais si peu disposé à agir arbitrairement
vis-à-vis de lui que par un excès de con-fiance aveugle et contrairement aux
usages judiciaires, sur sa demande expresse faite devant plusieurs témoins, je
consentis à ce qu'il eut un entre-tien particulier avec le barbier. Le même
jour, j'ai su qu'il avait profité de cet entretien
pour engager le barbier à persister dans ses dénégations. Et
pourtant je ne l'ai pas fait citer comme suborneur de témoins.
J'ai eu tort, je l'avoue, de lui avoir appliqué
le qualificatif d'assassin avant une décision judiciaire sur cette question.
Mais, la rétractation que je fais ici, je l'ai faite à
Mr
Merlato dans ma lettre. Cette expression était le résultat
d'un mouvement de véracité que Mr Picciotto avait
provoqué par son apostrophe hors de saison, ses
menaces du consulat et du gouverne-ment autrichien et l'étalage pompeux de sa
généalogie. A propos de généalogie, je vous demanderais le
consul général, de faire ici une digression à la lettre de Mr Laurin.
J'apprends,
de source certaine, que Mr Eliaou Picciotto,
oncle du président et consul général d'Autriche à Alep, s'est plaint au
généralissime (Ibrahim Pacha) de ce que, sans égard pour son nom et sa qualité
consulaire on avait agi si légèrement envers son neveu. Mr
Eliaou Picciotto qui veut aujourd'hui que les vertus sortent
de leur caractère d'individualité pour s'étendre à la famille, consentirait-il
pareillement à ce que les crimes perdissent leur
caractère de personnalité? Que peut signifier cette prétention de faire rentrer
dans la balance de la justice le poids d'un nom quel-conque? Mr
Eliaou Picciotto a-t-il fait valoir un
pareil argument devant te tribunal toscan qui a condamné aux galères de
Livourne, pour cause d'assassinat d'un capitaine, un autre de ses neveux,
cousin de celui que l'on poursuit ici? Et le frère de
celui-ci n'a-t-il pas été obligé de quitter Alexandrie pour cause d'escroquerie
et n'a-t-il pas abandonné lestement
Je passe d'abord à l'accusation des actes
arbitraires contre les juifs en général, accusation qui, d'après les termes de
cette lettre, doit être l'objet d'une négociation spéciale d'ambassadeur à
souverain. Il faut me connaître
bien peu (et Mr Laurin me connaît assez) pour
me lancer une pareille accusation. Qu'entend-il
par actes arbitraires? Sont-ce de visites
domiciliaires dans des maisons dénoncées comme suspectes? Tous les jours
et dans tous les p'ays du monde de pareilles visites
ont lieu. Et, ayant lieu par l'entremise de l'autorité
constituée, elles n'ont jamais été qualifiées d'arbitraires. Sont-ce
les arrestations préventives sur dénonciation de témoins? Mais tous les
jours aussi, dans les affaires criminelles comme dans les questions de complot,
nos procureurs du roi en
Ah,
si ce mot a été employé dans l'intention de faire
comprendre par son usage vague et indéterminé que j'ai exercé ou fait exercer
des actes de violence quelconque. Alors, je ne ménage pas l'expression à
quelque adresse qu'elle doive aller et je donne un
démenti formel à l'accusateur.
Si
j'avais été le partisan de la violence, je ne serai pas intervenu d'une manière
énergique auprès des populations musulmanes et
chrétiennes. Et peut-être aujourd'hui il n'existerait
pas un juif à Damas. Mille témoins pourront attester ce
que j'avance. Ils pourront dire que pendant plusieurs jours et plusieurs nuits
les cawas du consulat ont dû rester avec la patrouille dans le quartier juif
pour empêcher les chétiens et les turcs de se porter à des actes de violence
contre des hommes du peuple que je n'ai jamais con-fondu dans l'accusation avec
les véritables coupables. Et les enfants arrêtés par
ordre de Schérif Pacha, dans l'espoir que les parents feraient quelques
révélations, n'ont-ils pas été rendus à leurs familles sur ma demande?
Le
Sieur Schehadé Stambouli, frère d'un des assassins contumaces, n'est-ce pas moi
qui lui ait fait donner la liberté dont il n'a profité que pour se livrer à de
nouvelles intrigues auprès de Mr Péretz, juif allemand
converti. N'ai-je pas depuis trois semaines adressé inutilement plusieurs
demandes, tant verbales qu'écrites, au gouverneur général pour l'engager à
relâcher le Sieur Moussa Farhi, père d'un autre accusé contumace et dans l'arrestation duquel je ne suis entré pour rien?
Je
dirai plus. J'ai cherché, en cas où la chose serait possible, à faire ouvrir la
porte de la prison au Malien Raphaêl qui a été l'un des premiers a entrever
dans le principe la marche de l'affaire et dont le fils, sans aucun mauvais
traitement quelconque, s'est déclaré un des complices dans l'assassinat du
domestique. Mr Beaudin, ayant été
allé le voir dans la prison et ne le trouvant pas
convenablement logé, n'a-t-il pas demandé, après m'avoir consulté, qu'on lui
donnât une meilleure chambre? Sont-ce tous ces actes qui
constituent des actes arbitraires? Oh, alors oui, je me déclare coupable
et que Mr Laurin prononce.
Encore
un mot sur cet objet.
Le
29 février, la culpabilité des prévenus, étant constatée par la découverte des
restes du P.Thomas et des circonstances en dépendant, Schérif Pacha me fit dire
par Mr Beuadin que les accusés étant condamnés.
Mais que si j'y consentais, il croyait que ce serait
bien de surseoir à leur exécution jusqu'à l'arrivée des ordres du
généralissime. Ma réponse ne fut pas douteuse. Et si j'avais été tellement altéré du sang de mes
semblables, ces hommes n'existeraient pas aujourd'hui.
Il reste à traiter la
question relative à la jalousie qu'inspirent les richesses des juifs. Est-ce
moi qui en suis jaloux? Mr
Laurin ne le dit pas formellement.
Mais, comme dans l'ensemble de sa lettre mon nom seul
se trouve énoncé, je dois m'appliquer l'accusation.
Si
Mr
Laurin avait été loyalement informé, il
aurait su que les juifs de Damas eussent payé de tout l'or qu'ils possédaient
une transaction sur l'assasinat du Père Thomas. Ils
savent que depuis longtemps ils mettent sur leur responsabilité la disparition
d'une foule d'individus appartenant à d'autres croyances. Vous
comprenez, dès lors, Mr le consul
général, qu'il s'agit pour eux d'une affaire capitale. La procédure,
aujourd'hui pendante, tombant par l'intervention du consul de France, toutes
les inculpations précédentes rentreront
naturellement dans le néant. La condamnation de quelques individus leur
importait
Je
rougis jusqu'au blanc des yeux d'être condamné à
entrer dans des détails terre à terre. Mais, je ne puis m'empêcher de dire, et
des hommes honorables peuvent en témoigner, que pour les sommes assez rondes
qui ont été offertes à des personnes qui ne figurent qu'en second plan dans la
poursuite de cette affaire, j'aurais pu profiter de cette circonstance pour satisfaire
largement ma prétendue jalousie. En effet, Mr le
consul général, outre deux schales de chachemire et deux fleurs en diamants
offertes à Mr Beaudin, on a proposé
à cet employé 150 mille Piastres, s'il parvenait à détruire mes convictions sur
le fait de l'assassinat. Vous comprenez la réponse qui a dû être faite par cet employé. Mr Chubli,
qui m'a offert son assistance gratuite pour toutes les écritures que j'aurais à
faire en langue arabe pendant que Mr Beaudin
était occupé aux recherches avec moi, Mr Chubli
a reçu d'un nommé Eliahou Nahmed, joallier juif, en présence du Dr Salina,
protégé anglais, la proposition de 1000 (mille) bourses,
s'il voulait s'employer en faveur de la question juive. Ces propositions ont
été entamées deux fois et deux fois elles ont été
repoussées.
Je
le répète, si le consulat du roi avait voulu faire de cette question une
question d'argent, et moi et tout ce qui m'entoure,
nous pouvions puiser largement dans ces trésors tant vantés des juifs.
Mais non. Et ici j'en appelle au peu de conscience qui peut rester aux accu